Taille des haies et élagage des arbres pendant la période de nidification

La saison de nidification commence à la mi-mars. Pour ne pas déranger ou déloger les oiseaux pendant cette période cruciale pour leur cycle de vie, l’Office français de la biodiversité, sans préjuger de l’obligation de débroussaillage et de maintien en état débroussaillé qui s’applique aux propriétaires de terrains situés à moins de 200 mètres des bois et forêts, recommande de ne pas tailler les haies, ni d’élaguer les arbres entre le 16 mars et le 15 août, notamment pour préserver la nidification tardive de la tourterelle de bois.

Outre les oiseaux, les vieux arbres peuvent aussi héberger des chiroptères ou des insectes protégés (le Grand Capricorne, la Rosalie des Alpes, le Pique-prune). Pour ceux-ci, la réglementation impose d’obtenir une dérogation comportant des mesures de protection stricte des espèces (article L.411-2 du Code de l’environnement)., pour garantir la sauvegarde des individus et le maintien des habitats sur le long terme.

Ligue de Protection des Oiseaux (LPO)

https://www.lpo.fr

Le verre, un danger sous-estimé pour l’avifaune

Bien qu’il soit prisé pour ses qualités esthétiques et lumineuses, le verre constitue une menace majeure pour les oiseaux. Chaque année, des millions d’individus périssent après avoir percuté des surfaces vitrées, qu’ils ne perçoivent ni comme des obstacles ni comme des dangers. Deux phénomènes sont en cause : la réflexion, qui donne l’illusion d’un paysage continu, et la transparence, qui empêche de distinguer la vitre de l’air. Ces risques sont amplifiés par la configuration des bâtiments, la végétation environnante, la lumière artificielle et les périodes de migration.

Intégrer la prévention dès la conception des bâtiments

La meilleure stratégie pour limiter les collisions est d’anticiper dès la phase de conception. Il est recommandé de privilégier des matériaux diffusant la lumière sans transparence directe, comme le verre mat, structuré ou les plaques de polycarbonate. Lorsque l’usage du verre est incontournable, des solutions techniques existent : verre sérigraphié, verre feuilleté avec sequins (comme le Saflex™ Flysafe™), ou encore verre gravé ou frit. Ces dispositifs, testés selon des protocoles scientifiques, permettent de réduire significativement le nombre de collisions, tout en conservant les qualités architecturales du bâtiment.

Pour les vitres existantes, plusieurs options s’offrent aux particuliers : marquages contrastés (stickers, vitrophanies, peintures), filets, grillages, bandes plastiques ou ficelles verticales. Ces dispositifs doivent être placés à l’extérieur, avec un espacement maximal équivalent à la paume d’une main, afin d’empêcher les oiseaux de tenter un passage. Des solutions esthétiques et durables existent, alliant efficacité et intégration architecturale.

Des fabricants engagés et des solutions disponibles

Plusieurs entreprises proposent aujourd’hui des produits spécifiquement conçus pour protéger l’avifaune. Eastman développe la gamme Saflex™ Flysafe™3D, intégrant des sequins visibles par les oiseaux. Saint-Gobain propose les verres 4Bird (Frit et Etch), tandis que Pilkington commercialise le verre Avisafe™, doté d’un revêtement UV visible par les oiseaux. Ces solutions, déjà mises en œuvre dans des projets internationaux, sont disponibles en France et peuvent être intégrées dans tout projet de construction ou de rénovation. En collaborant avec ces fabricants, les professionnels peuvent allier performance architecturale et responsabilité écologique.

Réagir face à un oiseau blessé et adopter les bons gestes

En cas de collision, un oiseau étourdi doit être placé dans un carton aéré, au calme, pendant une à deux heures. S’il ne reprend pas son envol, il convient de contacter un centre de sauvegarde. Si un oiseau s’acharne contre son reflet, notamment en période de reproduction, il faut masquer la vitre pour supprimer l’effet miroir. Enfin, la LPO propose des produits adaptés pour sécuriser les surfaces vitrées. En adoptant ces gestes simples, chacun peut contribuer à réduire significativement la mortalité aviaire liée aux vitres, et ainsi protéger la biodiversité de proximité.

Solutions pour les particuliers : https://www.lpo.fr/media/read/28169/file/FM_VITRES%20PARTICULIERS%20aout%202024_WEB.pdf

Espèces protégées

Une espèce protégée est une espèce animale ou végétale qui n’est pas chassable, ni domestique, « susceptible d’occasionner des dégâts » ainsi qu’envahissante et qui est listée dans un arrêté ministériel fixant la liste des espèces protégées.

Chardonneret élégant sur une branche

Chardonneret élégant © grégory Delaunay (Pixabay )

Protection juridique

L’article L411-1 du code de l’environnement instaure, en ce qui

concerne les espèces protégées, les interdictions générales de :

• destruction, mutilation, capture de spécimens
• destruction ou l’enlèvement de leurs nids ou œufs
• perturbation intentionnelle des animaux, notamment pendant la période de reproduction
• détention, vente, achat, naturalisation, transport de spécimens qu’ils soient vivants ou morts
• « destruction, l’altération ou la dégradation de ces habitats naturels ou de ces habitats d’espèces »

En ce qui concerne les végétaux protégés, sont interdits : « la destruction, la coupe, la mutilation, l’arrachage, la cueillette ou l’enlèvement de végétaux de ces espèces, de leurs fructifications ou de toute autre forme prise par ces espèces au cours de leur cycle biologique, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou leur achat, la détention de spécimens prélevés dans le milieu naturel ».

Ces interdictions portent sur les spécimens vivants et morts ainsi que sur les parties des espèces protégées. Il est donc interdit, entre autres, de garder le crâne d’un animal protégé trouvé dans la nature.

Pour chaque taxon d’espèce, un arrêté ministériel fixe la liste des espèces protégées (voir annexe) et les modalités de leur protection.

Malheureusement, ces modalités peuvent être moins élevées que celles prévues à l’article L411-1. C’est ainsi que les espèces protégées bénéficient soit d’une protection dite « complète », soit d’une protection « limitée ».

Fiche juridique : https://www.lpo.fr/media/read/5060/file/Espe%CC%80ces%20Prote%CC%81ge%CC%81es.pdf